Profil

  • : Pascal SPETER
  • pascalspeter
  • : Marseille
  • : www.pascalspeter.com

Présentation

Catégories

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Partenaire

Découvre de bons blogs logoblog.gif

Mardi 22 avril 2008
Les militants socialistes ont voté avec leurs pieds. Ils sont partis. Ils ont fui, en masse, une organisation qui, il est vrai, n'a rien fait pour les retenir. Ce syndicat d'élus, ou d'aspirants à l'être, a tout pour rebuter ceux qui voudraient simplement militer, discuter, se former sans être affidés à un clan. Et c'est ainsi qu'un parti d'opposition, qui a pourtant gagné les municipales et qui devrait bénéficier de l'effet répulsif provoqué par Sarkozy, est passé de 238 520 adhérents à 165 083 en un an. Soit plus d'un tiers de chute ! Vertigineux…

Certes, tous les partis, si l'on excepte la formation trotskiste d'Olivier Besancenot, sont en crise et subissent de véritables saignées, que ce soit l'UMP, le MoDem ou le FN. L'époque n'est pas à la militance, et la démocratie médiatique achève d'écarter de la vie publique les électeurs consommateurs, hors période électorale justement. Certes encore, ce sont en majorité les militants dits à 20 euros qui ne sont pas restés. Ceux-là qui étaient venus pour Ségolène Royal et ont été mal accueillis, n'ont pas supporté la défaite, et encore moins la période de règlements de comptes qui a suivi, dont on n'est pas sorti d'ailleurs. Mais l'hémorragie militante est si large qu'elle ne touche pas seulement ceux qu'on surnommait méchamment «les touristes royalistes».

Même les vieux militants quittent le navire !
Il y a aussi des anciens, beaucoup d'anciens, qui ont fui, dégoûtés par l'immobilisme mollasson et satisfait, écoeurés par les querelles picrocholines et les détestations dantesques de dirigeants absorbés par la «foire des ego», selon le mot de Jean-Christophe Cambadélis qui tente, en vain pour l'instant, de dépasser ces dérisoires bisbilles fratricides. On remarquera d'ailleurs que, même dans les départements où les victoires flamboyantes ont été remportées, les adhérents se sont envolés. Ainsi, à Paris où Bertrand Delanoë a triomphé, la fédération est passée de 20 000 membres à moins de 9 000 ! Dans le Rhône où Gérard Collomb a remporté un si large succès, même chute impressionnantes du nombre des adhérents. En Seine-Maritime aussi, chez Laurent Fabius, ce n'est pas mieux, en Côte d'Or, chez François Rebsamen le maire de Dijon, idem, et dans la Bretagne victorieuse c'est la même débâcle militante. Il n'y a guère que le Pas-de-Calais qui sauve les meubles de la vieille maison socialiste et s'impose à nouveau comme la première fédération avec 14 484 adhérents. Il est des traditions de gauche qui ne se perdent pas comme ça…

Un PS passé du rouge au rose-vert

Alors, est-ce que le PS, avec la préparation de son congrès, pourra faire revenir ces bonnes volontés repoussées ? On peut douter que la déclaration de principe puisse aimanter les âmes égarées Ce texte de redéfinition des bases idéologiques du PS qui doit être discuté puis adopté en juin, est en effet rien moins qu'attirant. Il est vrai qu'il n'est pas dans la tradition de faire sexy, à gauche, on a le respect du «texte de plomb», et s'il comprend 21 articles, c'est sans doute parce que l'assassin habite au 21. Survivre à cette lecture distingue. Si vous êtes allés jusqu'au bout, vous méritez la médaille Champollion du décrypteur d'idéogrammes socialo-socialistes.
On en retiendra cependant, pour les survivants, une double volonté, celle d'avancer vers le réformisme social-démocrate et d'intégrer l'exigence écologique. Voilà le PS rose-vert, mais plus rouge du tout. Le parti socialiste a abandonné ses «espérances révolutionnaires», et la lutte des classes en même temps.
Il se veut désormais ouvertement et clairement écolo-réformiste, et européen, puisqu'il réaffirme sa volonté de construire une Europe politique mais sans même préciser qu'elle devrait être sociale. On comprend que Jean-Luc Mélenchon, eurosceptique de gauche, se soit abstenu. N'importe quel techno-bruxellois pourrait adhérer à cette conception singulièrement fadasse du devenir européen. Mais cette évolution traduit bien le réformisme tiède du texte qui se veut «un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de la nature». Une «clarification», applaudit le journal Le Monde. Sans doute. Mais une «boboïsation» confirmée qui laisse de côté le combat contre la mondialisation, très peu évoquée, ainsi que les couches sociales ouvrières, qui sont à peine mentionnées. Le PS qui a perdu le peuple s'est fait une raison. Et sa déclaration de principes est tout sauf une déclaration d'amour ou un appel vibrant à le rejoindre pour un juste combat. Enfin, au moins le débat s'engage. Ce n'est qu'un début…
par Pascal SPETER publié dans : Réflexion communauté : Politique française
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Voir tous les articles

Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Créer un Blog

creer blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus